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Conductrices de cars scolaires

Béatrice et Karine, reconverties... et convaincues

beatrice karineComment une ex-fromagère et une ex-cadre de cabinet d’assurances peuvent-elles devenir collègues ? Par la magie de la reconversion !

Depuis début 2012, ces deux femmes – respectivement Béatrice Vergnault et Karine Grollier –, sont l’une et l’autre conductrices de cars scolaires pour la société Bertrand, installée dans les Deux-Sèvres.

Leurs motivations ?

Pour Béatrice, c'est avant tout le besoin d’une ambiance de travail mixte, après des années passées uniquement entre femmes, et l’envie de pratiquer un métier de conduite. Avec le transport scolaire, elle a même, en prime, le contact avec les enfants : « Ils ont toujours quelque chose à raconter ! », s’amuse-t-elle.

Quant à Karine, dont la société venait d’être victime du krach boursier, elle connaissait un certain ras-le-bol des responsabilités… tout en voulant continuer à travailler en toute autonomie. « Or, au volant d’un car, c’est le cas ! se félicite-t-elle. Si j’avais su, j’aurais fait ce métier dès le début de ma carrière. »

 

Témoignages : Karine et Béatrice, conductrices de cars scolaires

 

Des tests d’aptitude

Béatrice et Karine se sont connues en mai 2001, lorsqu’elles ont intégré, sur proposition de Pôle Emploi, une formation de préparation au permis de conduire « transport de voyageurs ».

« Peu importait notre origine professionnelle, témoigne Karine. On nous a fait passer des tests destinés à vérifier si nous savions naturellement nous repérer sur un plan, tenir un fonds de caisse ou encore gérer des conflits. »
Résultats concluants puisqu’un CDI a entériné leur changement de métier. Un CDI, cependant, sur un temps partiel : la règle dans le transport scolaire.

Pour Karine, c’est une aubaine : « Les horaires de travail sont très découpés, mais on a du temps entre les trajets, ainsi que lors des vacances scolaires : c’est un gros avantage », assure la jeune femme, qui peut ainsi s’occuper de… ses chevaux, sa passion. « J’en ai sept, dont un qui va courir, cette année, précise-t- elle. Mais je prépare tout de même le permis poids lourd, pour pouvoir faire des remplacements dans le transport de marchandises. »

Béatrice, elle aussi, pourra éventuellement compléter ses revenus avec un autre temps partiel : dans le cadre d’un Accord territorial pour le Développement de l’Emploi et des Compétences (ADEC), son employeur et les pouvoirs publics peuvent l’aider à trouver cet autre contrat. « On nous a déjà emmenées dans un salon de l’emploi, témoigne-t-elle. Il y a par exemple beaucoup d’offres dans les services à la personne ». Pour l’instant, elle n’a pas donné suite à ces démarches : elle prend le temps de découvrir, tranquillement, toutes les facettes de son nouveau métier. 

 

Ludovic Berteaux, responsable d’exploitation Autocars Bertrand

Recruter large

lberteaux« Notre société, comme toutes celles de transport de voyageurs, souffre d’un manque de candidats au recrutement... jusqu’à arriver près du point de rupture nous empêchant d’assurer correctement le service public.

La branche a pâti de la suppression du service militaire, qui permettait à de nombreux jeunes de passer le permis « cars » et d’entrer ainsi directement sur le marché du travail. Or, parallèlement, la possibilité a été donnée aux conducteurs en poste de partir en retraite dès 55 ans.

Quant aux autres, ils peuvent quitter l’entreprise avec seulement 15 jours de préavis, alors qu’il faut 6 mois pour former un nouveau salarié ! C’est pourquoi, avec l’OPCA Transports et Services et la FNTV, nous avons monté une formation ouverte à tous types de candidats.
Béatrice Vergnault et Karine Grollier ont fait partie de la première promotion, en 2011, dans laquelle il y avait 50 % de femmes. Nous en recrutons de plus en plus : elles constituent 30 % de notre effectif, contre moins de 5 % en 2003. Après, si elles le veulent, elles peuvent évoluer vers le transport de tourisme, encore un autre métier. »