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Dispositifs de formation

Compte personnel de formation (CPF)

Responsable de maintenance

Témoignage vidéo : Anne-Marie, responsable de maintenance

 

Karine Latta, DRH des Autocars Planche / Groupe Keolis

« Il faut beaucoup d’écoute et d’aide »

karinePour attirer des candidates, Karine Latta, DRH des Autocars Planche, à Villefranche-sur-Saône (Rhône), a eu l’idée d’adapter sa communication de recrutement : « Nous diffusons des plaquettes aux couleurs girly et imitant les magazines », explique t- elle.

Les femmes qui se présentent n’ayant souvent pas le permis « transport de voyageurs », Pôle Emploi participe au financement de sa préparation et de la formation initiale obligatoire.

« Mais cela ne suffit pas pour assurer une bonne intégration des femmes », constate la DRH. C’est pourquoi, avec l’OPCA Transports et Services, elle monte des opérations de Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) en préalable à des contrats de professionnalisation.

« Il faut beaucoup d’écoute et d’aide aux démarches, poursuit Karine Latta. Certaines femmes expriment des doutes sur leur motivation juste deux jours avant le début de la formation, d’autres rencontrent des difficultés à faire garder leurs enfants, … Nous essayons d’aplanir tous les obstacles, y compris en leur apportant un soutien financier pour les déplacements ou en les aidant à organiser un covoiturage ».

Une évolution des procédures… et des mentalités

Les autocars Planche forment ainsi des groupes exclusivement féminins depuis 2005 :
« Au début, notre objectif était essentiellement de pallier une pénurie de candidats, commente la DRH. Mais en communiquant sur ce sujet, nous en sommes venus à aborder plus largement la lutte contre les discriminations et à faire évoluer nos procédures. »

De fait, les candidatures féminines se sont développées. Cela a valu à l’entreprise, en 2009, d’obtenir le label mixité de l’Afnor, un label qui doit être renouvelé cette année. « C’est un bon outil de communication, assure Karine Latta, un prétexte pour faire passer de nombreux messages. Nous ne nous attendions pas à ce que cela fasse tant évoluer les mentalités. »

 

Marine Ponchut, responsable diversité du Groupe Keolis

Les équilibres en ligne de mire : sensibiliser les managers

« Tout n’évolue pas naturellement. Il faut accompagner le recrutement de femmes par la sensibilisation et la formation des directeurs et des managers de proximité.

Nous utilisons par exemple le théâtre d’entreprise, des films pour lever les stéréotypes, ou encore des guides du bien-être et du respect au travail.

Par ailleurs, pour certains métiers historiquement occupés par des femmes, comme celui d’assistante, il s’agit au contraire de masculiniser.

L’important est d’avoir les équilibres en ligne de mire ».

Préparatrices de commandes

Denise Nock et Denise Meyer : Un emploi « sûr » pour la fin de carrière

denisesÀ 9 ans de l’âge de la retraite, Denise Nock souffle : depuis avril 2006, elle est à l’abri du chômage, embauchée en tant que préparatrice de commande chez Rhenus Logistics, à Strasbourg. « Je ne trouverai plus de travail à mon âge ! », lance-t-elle.

Après 18 ans passés en service dans la restauration traditionnelle et collective, Denise voulait changer de secteur : « Les horaires décalés m’empêchaient d’avoir une vraie vie de famille », explique-t-elle.
Seulement voilà : son projet de reconversion dans le métier d’aide-soignante tombe à l’eau lorsqu’elle échoue à l’entrée d’une école spécialisée. Aussi, après deux ans de CDD sans qualification en maisons de retraite, Denise s’inscrit en intérim pour trouver « une place stable et durable » dans une autre branche.

« Va vers la logistique, ma fille »

Ce sera la logistique : « J’ai été intérimaire pendant 6 mois, puis j’ai été embauchée, se souvient-elle. Comme j’ai senti que j’en avais besoin, j’ai demandé une formation en informatique et elle a été acceptée. »
Depuis, elle prépare des commandes d’implants oculaires pour des hôpitaux. « Je marche beaucoup, dans l’entrepôt, explique-t-elle, mais je n’ai pas de charges trop lourdes à porter. Quant aux horaires, ils vont de 9h30 à 17 heures tous les jours. »

Dans l’atelier voisin, Denise Meyer a elle aussi trouvé chez Rhenus Logistics le CDI qu’elle espérait.
« En 2005, après avoir élevé pendant douze ans mes cinq enfants, j’ai voulu retravailler, explique-t-elle. Mais mon conseiller Pôle Emploi ne me proposait que des postes en restauration, parce que j’avais été cuisinière. Or moi, je ne voulais plus faire des horaires décalés ».

C’est, là encore, l’intérim qui lui permet de découvrir la logistique. D’abord chez Heppner, puis à Rhenus Logistics, où elle a pu bénéficier d’une formation.
« Je suis emballeuse, détaille-t-elle. Cela nécessite de porter des charges lourdes, mais je tiens le coup. D’ailleurs, dans mon atelier, nous sommes trois femmes sur sept personnes. »

C’est pourquoi, voyant sa fille peiner à décrocher un emploi, Denise n’a eu qu’un conseil : « Va vers la logistique : là, il y a du travail ! »

 

Témoignages : Denise N. et Denise M., préparatrices de commandes

Conductrice de tramway et bus

Séverine Da Silva Santos « Ma nounou est compréhensive »

severineAutrefois commerciale itinérante, Séverine da Silva Santos a connu les horaires de travail atypiques ou élastiques. Mais à l’époque, elle n’avait pas ses deux petits bouts de chou… Aussi, lorsqu’à l’issue de son congé parental, elle a été embauchée en tant que conductrice de tram et bus par la Compagnie des Transports de Strasbourg (CTS), il lui a fallu s’organiser.
« Je travaille en effet parfois tôt le matin ou alors le soir, ainsi que les week-ends, explique-t-elle. Et j’en suis informée du jour au lendemain. »

Monitrice à son tour

Son conjoint, policier, ayant lui aussi des horaires décalés, le couple a jonglé pendant de longs mois entre plusieurs modes d’organisation. Jusqu’à ce que Séverine trouve « la nounou idéale : une femme de conducteur ! Connaissant les contraintes de mon métier, elle est compréhensive. »
L’esprit ainsi libéré, Séverine Da Silva Santos peut s’épanouir professionnellement dans sa nouvelle activité. « J’ai été recrutée grâce à ma motivation, se souvient-elle, alors que je n’avais pas le permis “voyageurs”. » Prise en charge par l’entreprise, via l’OPCA Transports et Services, une formation ad hoc lui a permis d'obtenir ce permis, avant une intégration progressive : formation interne et pratique de la conduite de bus, puis de tram, stage d’un an avec entretiens de supervision tous les 4 mois et, enfin, titularisation.
« Au début les mécanos étaient un peu méfiants mais j’ai appris à m’imposer, comme avec certains adolescents des cités », assure la jeune femme. Aujourd’hui, elle est devenue… la première monitrice de la Compagnie CTS.

 

Témoignage vidéo : Séverine, conductrice de tramway et de bus

 

Mathieu Flottau, responsable de groupe à la CTS

S’imposer

« Lors des stages en vue de recrutement, je fais toujours en sorte que les femmes soient au moins deux, pour qu’elles se soutiennent. Le transport est encore un petit monde de machos !

J’explique aux candidates qu’il suffit souvent de causer – mais surtout pas de sa vie privée ! –, de ne pas prendre toutes les remarques au premier degré et de s’imposer.

Certaines restent cependant angoissées en permanence ou veulent prouver quelque chose aux hommes, tandis que d’autres sont plus équilibrées et conduisent avec plaisir. Nous mettons de préférence ces dernières sur certaines lignes où il faut un profil costaud. »

Conductrices de cars scolaires

Béatrice et Karine, reconverties... et convaincues

beatrice karineComment une ex-fromagère et une ex-cadre de cabinet d’assurances peuvent-elles devenir collègues ? Par la magie de la reconversion !

Depuis début 2012, ces deux femmes – respectivement Béatrice Vergnault et Karine Grollier –, sont l’une et l’autre conductrices de cars scolaires pour la société Bertrand, installée dans les Deux-Sèvres.

Leurs motivations ?

Pour Béatrice, c'est avant tout le besoin d’une ambiance de travail mixte, après des années passées uniquement entre femmes, et l’envie de pratiquer un métier de conduite. Avec le transport scolaire, elle a même, en prime, le contact avec les enfants : « Ils ont toujours quelque chose à raconter ! », s’amuse-t-elle.

Quant à Karine, dont la société venait d’être victime du krach boursier, elle connaissait un certain ras-le-bol des responsabilités… tout en voulant continuer à travailler en toute autonomie. « Or, au volant d’un car, c’est le cas ! se félicite-t-elle. Si j’avais su, j’aurais fait ce métier dès le début de ma carrière. »

 

Témoignages : Karine et Béatrice, conductrices de cars scolaires

 

Des tests d’aptitude

Béatrice et Karine se sont connues en mai 2001, lorsqu’elles ont intégré, sur proposition de Pôle Emploi, une formation de préparation au permis de conduire « transport de voyageurs ».

« Peu importait notre origine professionnelle, témoigne Karine. On nous a fait passer des tests destinés à vérifier si nous savions naturellement nous repérer sur un plan, tenir un fonds de caisse ou encore gérer des conflits. »
Résultats concluants puisqu’un CDI a entériné leur changement de métier. Un CDI, cependant, sur un temps partiel : la règle dans le transport scolaire.

Pour Karine, c’est une aubaine : « Les horaires de travail sont très découpés, mais on a du temps entre les trajets, ainsi que lors des vacances scolaires : c’est un gros avantage », assure la jeune femme, qui peut ainsi s’occuper de… ses chevaux, sa passion. « J’en ai sept, dont un qui va courir, cette année, précise-t- elle. Mais je prépare tout de même le permis poids lourd, pour pouvoir faire des remplacements dans le transport de marchandises. »

Béatrice, elle aussi, pourra éventuellement compléter ses revenus avec un autre temps partiel : dans le cadre d’un Accord territorial pour le Développement de l’Emploi et des Compétences (ADEC), son employeur et les pouvoirs publics peuvent l’aider à trouver cet autre contrat. « On nous a déjà emmenées dans un salon de l’emploi, témoigne-t-elle. Il y a par exemple beaucoup d’offres dans les services à la personne ». Pour l’instant, elle n’a pas donné suite à ces démarches : elle prend le temps de découvrir, tranquillement, toutes les facettes de son nouveau métier. 

 

Ludovic Berteaux, responsable d’exploitation Autocars Bertrand

Recruter large

lberteaux« Notre société, comme toutes celles de transport de voyageurs, souffre d’un manque de candidats au recrutement... jusqu’à arriver près du point de rupture nous empêchant d’assurer correctement le service public.

La branche a pâti de la suppression du service militaire, qui permettait à de nombreux jeunes de passer le permis « cars » et d’entrer ainsi directement sur le marché du travail. Or, parallèlement, la possibilité a été donnée aux conducteurs en poste de partir en retraite dès 55 ans.

Quant aux autres, ils peuvent quitter l’entreprise avec seulement 15 jours de préavis, alors qu’il faut 6 mois pour former un nouveau salarié ! C’est pourquoi, avec l’OPCA Transports et Services et la FNTV, nous avons monté une formation ouverte à tous types de candidats.
Béatrice Vergnault et Karine Grollier ont fait partie de la première promotion, en 2011, dans laquelle il y avait 50 % de femmes. Nous en recrutons de plus en plus : elles constituent 30 % de notre effectif, contre moins de 5 % en 2003. Après, si elles le veulent, elles peuvent évoluer vers le transport de tourisme, encore un autre métier. »

Conductrice de poids lourds

Marine Grauss, conductrice poids lourds (spécialisée matières dangereuses) aux Transports Chalot

« Je voulais faire comme papa »

marineDans la région de Strasbourg, les particuliers qui commandent du fuel aux Transports Chalot peuvent voir arriver non pas un conducteur-livreur, mais… une conductrice-livreuse spécialisée matières dangereuses. Un titre qui n'est pas encore entièrement féminisé, tant le cas de Marine Grauss - c’est son nom - est rare.

« Je ne me suis jamais demandé si c’était un métier d’homme, raconte-t-elle pourtant. Toute petite, déjà, je disais que je voulais faire comme papa : comme son propre père, il roule… Chez Chalot aussi, d’ailleurs ».

Si le tuyau de fuel, qu’il faut tirer sur plusieurs dizaines de mètres, pèse son poids, Marine ne s’émeut pas de ce côté physique du travail : « Quand on a acquis les automatismes, ça va. Au moins, je n’ai pas besoin de me payer un centre de fitness ! »
Et, passée la surprise de voir arriver une femme, les clients lui proposent souvent un petit coup de main… et un café.

Séduite par l’autonomie qu’apporte ce métier, Marine a déjà son plan de carrière en tête : « Je me forge une expérience de la route, pour la crédibilité. Après, je valoriserai mon BTS Transport, si possible dans la même entreprise. Mais, à 21 ans, je ne me voyais pas gérer des gens tout de suite. »

 

Témoignage vidéo : Marine, conductrice de poids lourds spécialisée matières dangereuses